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La résolution des problèmes, un espace de dialogue pour tous et alternative à la punition

La résolution de problèmes, un espace de dialogue pour tous 

Article paru dans le N°63 du magazine Grandir Autrement
Par Genoveva Desplas

L’une des idées reçues de la bienveillance éducative, c’est l’image d’une famille heureuse. Un idéal du bonheur porté par l’absence de problèmes. Du moins le portrait d’un foyer suffisamment outillé pour affronter et résoudre toute contrariété. Et si cette image de bonheur était le reflet d’une attitude ? 

La dynamique de « résolution de conflits » est proposée dans plusieurs programmes d’accompagnement à la parentalité et de communication bienveillante (les ateliers Gordon, les ateliers Faber et Mazlish, la discipline positive) et pour cause : l’objectif principal de cet outil est celui de se poser, s’écouter, se rendre disponible. 

La bienveillance est implicite dans la dynamique elle-même plus que dans les résultats. Plus qu’une formule magique pour éviter ou résoudre des conflits, nous y trouvons un espace de dialogue, où tous les sentiments et les idées de chacun ont leur place. 

Faisons un rappel des étapes, même si des nuances existent selon les auteurs. Lorsqu’un « problème » se présente, nous pouvons : 

1. Nommer les sentiments et besoins de l’enfant. 

2. Parler de nos propres sentiments et besoins. 

3. Proposer de faire une liste d’idées qui pourraient aider à trouver une ou plusieurs solutions convenables pour tous. 

4. Choisir les idées en fonction de leur faisabilité, celles auxquelles tous souhaiteraient donner suite. Trouver un compromis. 

Lorsque nous découvrons ce procédé, nous sommes ravis d’avoir enfin une alternative à la punition, pour (co)gérer des situations qui nous exaspèrent. La discipline traditionnelle se tourne vers le passé, ce que l’enfant n’aurait pas dû faire. C’est ce qui provoque une attitude de désespoir et d’impuissance. La discipline positive, quant à elle, se tourne vers l’avenir. « Le comment faire devient l’objet des recherches de solutions conduites dans le respect mutuel et la coopération. L’enfant devient acteur du changement¹ ». 

L’attitude sous cette optique est celle de quelqu’un qui sait se prendre en main. D’où une certaine sensation d’absence de problèmes. Cependant, il est important de clarifier certains points dans la mise en place de cet outil. 

L’attitude comme moteur d’un apaisement profond 

La résolution de problèmes, même avec un très jeune enfant, sert à mieux comprendre un état émotionnel ou psychologique. Elle aide l’enfant à se positionner face à des situations de sa propre vie qui ne sont pas toujours claires pour lui. Faber et Mazlish suggèrent que l’on peut « résoudre un problème à n’importe quelle étape du processus. Parfois une simple description de l’écart entre vos besoins respectifs peut conduire à une solution très rapide² » 

La non-disponibilité à l’origine du problème 

Appelé aussi « Résolution de problèmes », « Contrat de famille », « Temps d’échange en famille » ou « La méthode sans perdant », le processus nous ramène à ce qui fait défaillance dans toute relation : la prise en considération des besoins de l’autre. Le cumul de sentiments refoulés, de non-dits, de maladresses, d’accusations, l’absence de disponibilité. 

Être disponible pour nos enfants ne se limite pas à faire le chemin de l’école avec eux. Être disponible n’est pas seulement lire trois fois la même histoire avant le coucher ou aller voir ensemble un spectacle musical. 

Le moment des repas représente pour beaucoup de familles un moment de « dialogue », mais malheureusement ces échanges peuvent ressembler à un tribunal, un cours de nutrition ou un tutoriel des bonnes manières à table. 

Il est important de trouver le bon moment pour tous, un moment spécifique pendant lequel l’enfant serait partant pour y participer et l’adulte aussi. 

Je vous invite à lister par écrit les petits ou grands soucis de la vie de votre enfant pour lesquels vous aimeriez trouver une solution. En regardant cette liste dans le détail, il se peut que la majorité des tracas soient en rapport avec le développement naturel de l’enfant. Il serait alors convenable de se poser la question : à qui appartient le problème ? Par exemple, si votre enfant a moins de 5 ans, avez-vous écrit les réveils nocturnes, les couchers difficiles, le refus d’une alimentation variée, les excès de colère à la sortie de l’école ou lors de la séparation ? 

Repérer et définir le problème 

Thomas Gordon commence le processus en définissant le problème. Or, y a-t-il vraiment un problème à résoudre ? Il est effrayant de constater le manque d’information et le poids des principes au sujet du développement naturel de l’enfant. Manger « correctement », s’endormir rapidement, se dépêcher, rester calme : l’adulte considère que toute demande répétitive est due à une faible capacité de l’enfant à comprendre les bénéfices de ce qu’il est obligé de faire ou de ne pas faire, voire une provocation. « S’il ne va pas au lit de bonne heure, il sera fatigué le lendemain, le réveil sera difficile. Il “nous le fait” tous les soirs, le lendemain nous sommes tous crevés. » Nous voulons alors croire que c’est, en effet, un problème. Un problème pour l’enfant qui sera fatigué et surtout un problème pour ses parents qui ont envie de se reposer. Le problème n’est alors pas le sommeil de l’enfant mais le rapport des parents au sujet du sommeil de leur enfant. Le vrai problème est le rythme marqué par la société. Cela ne vous viendrait peut-être jamais à l’esprit d’écrire sur la liste de solutions possibles : « décaler de deux heures le départ au travail », « réduire le temps de travail pour être moins fatigué le soir et mieux accompagner mon enfant à affronter la nuit » ou « Malo ne va à l’école que s’il est en forme le matin ». Impossible, vous dites ! 

Jesper Juul souligne le conflit entre intégrité et coopération. « La plupart des enfants choisissent de coopérer et donc renoncent à eux-mêmes, surtout s’ils sont soumis à la moindre pression de la part de leurs parents.³ » Il parle de comment une « bonne » moralité peut se révéler de la « mauvaise » éthique. Il pose comme exemple un aspect important de l’intégrité physique des enfants qui est « la possibilité pour eux de pouvoir prendre de la nourriture quand ils en ont besoin et de la rejeter quand ils n’en ont pas besoin4 » 

L’enfant serait-il vraiment impliqué dans la résolution des « problèmes » liés à son développement ? Soyons clairs, l’enfant ne pensera jamais « je ne vais pas manger des légumes pour embêter mes parents et/ou pour me rendre malade et pour m’empêcher de grandir sainement ». 

Un accompagnement jusqu’au bout 

Une mère racontait que sa fille avait du mal à se réveiller le matin. Elles entament la résolution de problèmes et, en faisant le tri des solutions possibles, l’idée d’amener un petit oreiller à l’école était « à étudier ». 

La mère s’est complètement mise en mode complice de sa fille et elle est allée en parler à la maîtresse. La maîtresse était à la fois surprise de l’objet du rendez-vous et un peu gênée. La mère s’était préparée à la réponse de la maîtresse : « Mais, Madame, on ne vient pas à l‘école pour dormir ! » Elle aurait répondu que sa fille s’engagerait à venir la voir lorsqu’elle aurait un coup de barre et uniquement sortir le petit oreiller pour poser quelques minutes la tête sur une table ou dans le coin bibliothèque. Quel ne fut pas l’étonnement de la mère lorsque la maîtresse lui dit : « C’est une excellente idée ! Je pourrais instaurer un rituel de mini-sieste dans ma classe pour ceux qui souhaitent se poser quelques instants. Nous pouvons même faire un atelier de fabrication de nos petits oreillers... ».

Faber et Mazlish expriment à quel point les solutions auxquelles les enfants aboutissent peuvent être originales et plus satisfaisantes que celles proposées par les parents ! C’est le cas surtout lorsque l’enfant a envie de changement. C'est réconfortant de savoir que nous ne sommes pas obligés de trouver des solutions immédiates et absolues. 

Se rendre disponible et trouver des compromis fortifie la confiance de l’enfant en sa créativité et ses moyens pour voir ses soucis comme des opportunités. 


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1 - La Discipline positive, Jane Nelsen, Éditions Marabout (2014), p. 181. 

2 - Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux Éditions du Phare (2012), p. 162. 

3 - Regarde… Ton enfant est compétent, Renouveler la parentalité et l’éducation, Éditions Chronique Sociale (2012), p. 56. 4 - Ibid.

Pour aller plus loin 

Parents efficaces au quotidien, Dr Thomas Gordon, Éditions Marabout. 

Livre pour enfants (pour apprendre à faire des compromis) : Bastien et les Blipoux, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux Éditions du Phare. 

Va dans ta chambre !... Pour réfléchir ?

 Va dans ta chambre !... pour réfléchir ? 

Article paru dans le N°52 du magazine Grandir Autrement
Par Genoveva Desplas

Quand le comportement d’un enfant devient gênant ou inacceptable pour son entourage, celui-ci peut avoir le réflexe de vouloir l’éloigner. L'agacement et le manque de patience ne nous permettent pas toujours d'accueillir comme on le voudrait les émotions de nos enfants (et les nôtres !) et l’intervention de l’adulte est rarement accompagnée d’empathie envers l’enfant, l'objectif étant avant tout de calmer la situation. Éloigner l’enfant devient alors la solution de facilité. 

Une question très fréquente des parents qui m’a inspirée pour faire un zoom sur cette pratique est : est-ce que le fait d'envoyer un enfant réfléchir dans sa chambre est considéré comme une punition ? 
Certains disent « Je ne punis pas mais je l'envoie réfléchir pour qu'il se calme, pour qu'il comprenne. » Or, l'éloignement est aussi une forme de punition. C'est une privation de dialogue, un rejet de l'enfant lui-même. Un abandon. Une humiliation surtout, quand cela se fait en présence d'autres personnes, en classe par exemple. « Va dans ta chambre ! » « Au coin ! » dit à la manière d'un ras-le-bol. Ou bien, « Tu as besoin d’aller réfléchir dans ta chambre à ce que tu viens de faire, ce n'est pas bien du tout » à la manière des adultes qui cherchent à s’abstenir de violence physique mais maladroitement et sous forme de fausse empathie. Peu importe les mots, l’attitude, le ton et le volume de la voix, l’enfant est exclu dans un soi-disant but de réflexion. C’est le fameux « time out » ou exclusion sociale1, terme défini comme une forme de punition qui consiste à éloigner l’enfant d’un environnement où son comportement est inacceptable selon les normes et les valeurs culturelles de l'époque et du lieu. 


Quel message voulons-nous transmettre ? Quelle leçon souhaitons-nous donner lorsque nous demandons à un enfant de s’éloigner, de s’enfermer dans sa chambre, dans les toilettes ou dans la salle de colle ? 

L’exclusion, appelée aussi « mise à l’écart » ou  « mise au coin » l’aiderait à réfléchir aux conséquences de son comportement, à se calmer, à trouver la façon de s’auto-contrôler une prochaine fois 
et à « apprendre une leçon ». Serait-ce le meilleur moyen d’inviter un enfant à réfléchir et à réparer sa faute, si tant est qu’une faute a bien été commise ? 

La plupart des défenseurs de la mise au coin recommandent d’obliger les enfants à rester seuls une minute pour chaque année d'âge. Est-ce que quatre minutes d’abandon vont permettre à un enfant de 4 ans de bien savoir pourquoi il est exclu ? Ce temps lui permettra-t-il ensuite de se rendre compte que les conséquences de son acte sont négatives pour son entourage ou pour lui-même (une deuxième punition). 

De plus, sera-t-il le temps nécessaire pour lui d’apprendre ce qu’il aurait dû faire à la place ? Il n’est même pas la peine de parler de sentiments avec un tel mode d’emploi. 

Les effets de la mise à l'écart
Selon le Dr Ernest Haiman2, tout comportement dérangeant de l’enfant est provoqué par la frustration de ses besoins non satisfaits et non reconnus. L’exclusion ne fait que prolonger le temps pendant lequel l'enfant doit supporter cette frustration. 
S’il pleure ou s’il cherche à attirer notre attention, c’est un appel au secours. Ses parents sont les personnes vers qui il ira en premier pour demander de l’aide et, lorsqu’ils l’obligent à s’en aller, l’enfant se retrouve alors loin de sa source principale de sécurité. Le malheur arrive. Il se manifeste souvent sous forme de colère et de défi peu après la libération. 
Ce qui reste, c’est l’envie de l’enfant de se protéger de cette combinaison fatale : la frustration, la colère et le rejet. Oui, la patience de l’adulte est nécessaire. Mais il faut aussi aider les enfants à développer leur capacité à verbaliser leurs sentiments et leurs besoins plutôt que de les jouer3

La mise à l’écart pendant l'enfance fait beaucoup de tort au futur adolescent. Il pensera qu’il vaut mieux s’enfermer dans sa chambre ou encore mieux chez ses copains (eux, ils l’écoutent), lorsqu’il sentira que son comportement est inacceptable pour ses parents. Comme le constate la Dr Catherine Gueguen, « Dans une famille, empêcher l’expression des émotions négatives, des doutes, des angoisses, des colères, n’instaure pas un climat de confiance, de compréhension.4 » 

Olivier Maurel considère le time out comme une forme de violence éducative ordinaire : « Le sentiment d’être rejeté peut provoquer désirs de vengeance et agressions [...] Or, la violence éducative peut entraîner le rejet de deux façons. Directement dans les familles si les parents pratiquent des punitions consistant en mesures d’exclusion : enfermement dans une pièce, retrait d’affection… Et indirectement, dans la mesure où les enfants victimes de violence éducative peuvent devenir agressifs à l’égard de leurs camarades et se trouver ainsi rejetés…5 » 

Mieux vaut l’enfermer que lui donner une fessée ? 
Ni l’un ni l’autre ! Il est temps de se pencher vraiment sur la question. Le « chacun fait comme il peut » justifie toutes les pratiques parentales. Contester certaines mesures disciplinaires devient tabou sous prétexte d’atteindre ce qui est considéré comme « une affaire de famille ». Or, essayer de persuader une femme de quitter un homme qui l’humilie n’est pas mal vu par la société. Pousser ou aider un collègue à porter plainte pour harcèlement moral au travail est une preuve de solidarité et de soutien. Empêcher un parent de taper ou de punir son enfant est vu comme une intrusion, alors que pourtant, l’enfant ne peut pas se défendre tout seul. 

L'empathie envers l'enfant est la clef pour démasquer ce type de tabou. Pensez à la situation suivante : vous rendez visite à un ami. Son petit chien commence à sauter sur le canapé et sur la table juste au moment où il est en train de servir l’apéritif. Votre ami prend violemment son chien et il l’enferme dans la buanderie en disant « bon maintenant tu restes là ! » Remplacez le petit chien par la compagne de votre ami. Libre à vous de réfléchir jusqu’à quel point vous serez choqué par chacune de ces scènes. Seriez-vous choqué de la même manière si vous remplacez le chien ou la femme par un enfant ? 

Certains parents disent être obligés de recourir à la mise à l’écart de leur enfant de peur de devenir trop violents ou . Ils pensent que le fait d’éloigner l’enfant le protégera d’une forme d’agressivité plus nocive, qui attaquerait son intégrité physique. N’y aurait-il pas d’autre façon de protéger un enfant de notre agressivité d’adulte ?6 

Une mère racontait qu’elle avait de plus en plus de mal à gérer l’opposition, l’insolence et les moments de surexcitation de sa fille. « Un jour je me suis dit que le fait d’envoyer ma fille réfléchir dans sa chambre n’était pas la solution, mais en même temps, je ne voulais pas lui donner une claque. Alors je lui ai demandé si elle avait une idée pour éviter cette violence qui ne me plaisait pas du tout. Elle m’a dit que je pouvais peut-être aller réfléchir dans ma chambre. Je me suis dit que c’était vraiment le moment d’arrêter cette pratique. Rien que de m’imaginer moi-même enfermée dans ma chambre, seule, assise sur mon lit dans le but de réfléchir à mon exaspération vis-à-vis du comportement de ma fille me rendait triste et en colère. » 


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1 - Voir la définition sur Wikipedia : http://en.wikipedia.org/wiki/Time-out_%28parenting%29
2 - Psychothérapeute et guide parental depuis plus de 40 ans, fondateur d’un centre d’aide aux familles à Cleveland aux États-Unis :  http://www.peterhaiman.com/about.shtml 
3 - Voir l’article paru, en anglais, dans le numéro de mai-juin 1998 du magazine Mothering : http://www.naturalchild.org/guest/peter_haiman.html 
4 - Pour une enfance heureuse, Catherine Gueguen, Éditions Robert Laffont (2014), p. 255. 
5 - La violence éducative ordinaire : un trou noir dans les sciences humaines, Olivier Maurel, Éditions l’Instant Présent (2012), p.35. 
6 - Voir l’article « La colère des parents et l’éducation bienveillante », Grandir Autrement n° 49. 



Education non violente en pratique pour Grandir Autrement

 Une très belle page qui se tourne en 2022 

 🙏 Merci à mes lecteurs, lectrices de rubrique ENV (EDUCATION NON VIOLENTE) du Magazine Grandir Autrement en pratique pour votre confiance et pour vos retours, Quelques articles sont en ligne sur le site du magazine Grandir Autrement

 🙏 Merci à Adele Faber, Elaine Mazlish, à Joanna Faber et Julie King pour toutes les ressources puissantes, concrètes et pratiques, fondement de mon travail d'accompagnement et de rédaction de mes articles pour Grandir Autrement. 

🙏 Merci aux participant/es à mes ateliers Parler pour que les enfants écoutent..., Parler pour que les ados écoutent...Frères et sœurs sans rivalité et Parler pour que les enfants apprennent pour vos témoignages, vos doutes, vos questionnements et vos ressentis qui ont été la principale source d'inspiration pour chaque sujet... Comment imaginer d'écrire des articles sans vos partages tellement authentiques et tellement précieux ?!

🙏 Merci à mes coéquipiers, coéquipières, rédactrices, rédacteurs et admins de l'association Grandir Autrement. 

🙏 Merci Stéphanie Boudaille-Lorin pour cette conversation dans mon salon il y a une bonne dizaine d'années qui a marqué le début de cette aventure ! 

🙏 Merci Sophie Elusse pour tes relectures, pour ta Bienveillance totale... ! 

🙏 Merci aux 2 hommes de ma vie pour leurs relectures occasionnelles également. 

🙏 Merci aux ENFANTS...


Donner des repères au lieu de poser des limites


Article paru dans le Hors-Série N° 10 du magazine Grandir Autrement
Par Genoveva Desplas

Donner des repères au lieu de poser des limites

Grandir sans limites ? Hors de question, dites-vous. En même temps, vous avouez qu’il vous arrive de ne pas vraiment savoir dire non ou d’être exaspéré d’avoir à le dire cent fois sans aucune réaction de la part de votre enfant. Et si l’on repensait le sens du fameux dicton « les enfants ont besoin de limites » ? Serait-ce le début d’une nouvelle façon d’éduquer ? Que deviendrait notre rôle de parent, enseignant ou accompagnateur face à une société qui ne demande que de suivre, d’obéir, d’entrer dans le cadre ? Quel avenir pour des enfants sans « limites » ? ! Et si, au lieu de poser des limites, nous donnions des repères ? 

Contester le degré de liberté dont un enfant a besoin pour s’affirmer et grandir de manière épanouie n’est pas le sujet ici. Qualifier les parents de trop sévères ou trop laxistes serait en contradiction avec une pratique bienveillante. Mon souhait en écrivant ces lignes n’est pas celui de provoquer le débat sur le nombre de « non » et de « stop » qu’entend un enfant dès sa naissance et parfois jusqu’à ses 18 ans, où, du jour au lendemain, on lui fait croire que maintenant il fait ce qu’il veut parce qu’il est majeur. Dans une démarche d’éducation bienveillante, je vous invite à d’abord remplacer le mot « limites » par le mot « repères » ou par la notion de « cadre sécuritaire » et penser ensuite à ce que chacun de ces mots évoque en vous.

Les limites arrêtent, enferment, découragent, provoquent de l’énervement ou de la peur, rendent incapable. Les repères accompagnent, donnent de l’élan, présentent des possibilités, encouragent, s’appuient sur des informations ou sur un « mode d’emploi ». Les capacités de la personne qui obtient des repères ne sont jamais diminuées. Et si nous remplacions l’habitude d’instaurer des limites par celle de donner des repères ? Voyons à quoi cela peut ressembler dans les situations suivantes.

Un groupe d’enfants après une séance de piscine

Tous sous la douche, deux animateurs pour une douzaine d’enfants âgés d’environ 5 ans. Le poids de la responsabilité portée par les adultes en charge d’un groupe d’enfants m’aide beaucoup à me mettre en mode empathique et à éviter les jugements. J’essaie d’imaginer que ces cris sont avant tout une manifestation de peur : « Qu’est-ce qui peut m’arriver, à moi, responsable de ces enfants, si quelque chose de grave arrivait à l’un d’entre eux ? Je dois les regarder tous en même temps à tout instant ». Et alors, les limites se sont imposées : « Arrête de sauter ! Ramasse ton chouchou ! On ne bouge pas ! Stop, tu vas glisser ! » Les enfants n’ont pas l’air intéressés par les paroles de l’animateur.

Plus tard, l’animatrice a demandé « Alors, les enfants, vous savez pourquoi il faut se laver, bien se savonner en sortant de la piscine ? » Et là, tous les enfants ont regardé et écouté attentivement ! Oui, les enfants sont capables d’écouter des informations concrètes et utiles. « Le chlore peut irriter la peau », disait l’animatrice pendant qu’elle distribuait du gel douche. « Le chlore, c’est un produit que l’on met dans les piscines pour qu’elles soient propres, pour qu’il n’y ait pas de microbes parce qu’il y a beaucoup de personnes qui s’y baignent. Mais c’est trop fort pour la peau », poursuit-elle. En observant en détail, c’était épatant de voir la façon dont l’attitude des enfants s’est transformée. Les enfants continuaient à écouter tout en se frottant les bras. Cette personne a parlé de l’intérêt de sa demande, sans donner des ordres, sans dire non. C’est une façon de fournir des outils aux enfants pour qu’ils puissent s’en servir à nouveau. Des repères pour la vie. Concernant le danger de glissade, l’autre animateur aurait pu dire simplement « le sol mouillé est très glissant » en se mettant au niveau des enfants et en les regardant dans les yeux. Un simple « non » empêche l’enfant d’agir lorsque ses souhaits sont contrecarrés, il le prive aussi de réfléchir aux raisons qui poussent l’adulte à lui interdire l’action. Cet enfant, déçu ou enragé, perçoit que ses pensées et ses désirs ne sont pas écoutés, il détourne la parole de l’adulte. Il trouvera dans ce cas une façon de s’affirmer sans dialogue constructif. Par des mensonges, par exemple, ou par la contestation incessante. Dans une démarche exposant des repères, il se joue tout autre chose dans la tête de l’enfant, une réflexion se met en place et son réservoir affectif n’est pas atteint.

Vanessa, 5 ans, tire la langue quand ses parents reçoivent de la visite

Cela reflète probablement son besoin d’attention ou le désir de jouer avec les invités, des amis de ses parents qu’elle connaît bien aussi. Peu importe les raisons, ses parents sont très gênés par un tel accueil. Ils ont dit « mille fois » à Vanessa que « cela ne se fait pas », ils lui ont demandé d’arrêter de faire la petite princesse, que c’est très arrogant et malpoli de faire cela et que la prochaine fois elle sera punie. Cette prochaine fois ressemble à la précédente ! Rien ne se passe en réalité à part la scène de réprimande devant les invités, qui semble d’ailleurs, bizarrement, un moment intéressant pour Vanessa. Elle sait que sa mère va l’appeler « petite princesse » devant tout le monde tout en l’accompagnant dans la chambre de Papa et Maman pour regarder un DVD. Elle sait que Papa n’aime pas punir, donc ce petit rituel pernicieux présente plutôt des avantages que des limites.

 Aucune information ne s’avère utile et constructive pour l’enfant. Que pourrait-il se passer pour Vanessa si ses parents lui parlaient de ce qui est vraiment dérangeant dans son comportement ? Elle est sans doute capable d’entendre, si on lui parle doucement et les yeux dans les yeux : « Vanessa, tu trouves amusant d’accueillir nos invités en tirant la langue, tu n’aimes pas qu’ils viennent. Ou tu as probablement envie qu’ils jouent avec toi, qu’ils te disent bonjour, qu’ils écoutent ce que tu as envie de leur raconter parce que tu as certainement des choses à leur raconter ». Les enfants tirent la langue quand ils ne savent pas quoi dire à la place, beaucoup d’adultes n’aiment pas qu’on leur tire la langue. Elle pourrait aussi entendre cela. Son père pourrait dire : « Je suis gêné par ton geste envers nos amis, je ne vais pas te punir, je préfère que tu me dises ce que tu peux faire à la place de tirer la langue. Que penses-tu de les recevoir avec un petit spectacle de marionnettes qui se disent bonjour et même qui se tirent la langue en se racontant une blague ? Il y a beaucoup de façons d’accueillir des amis, je suis sûr que tu as d’autres idées. Maman pourrait ensuite te mettre un DVD comme d’habitude. »

Céleste et Marion au musée

Céleste, 8 ans et Marion, 6 ans, étaient très enthousiastes à l’idée d’aller voir les salles d’exposition sur l’Égypte au Musée du Louvre. Leur père avait pris une journée de congés spécialement pour les accompagner. Il avait même fait une recherche sur le parcours idéal afin d’optimiser au maximum la visite et acheté un livre avec des jeux de piste sur le sujet. En arrivant au musée, Marion veut aller aux toilettes. Tous les trois partent à la recherche des toilettes, plus d’un quart d’heure sera nécessaire pour enfin revenir au point de départ de l’exposition. Le père dit « Ah, Marion, pourquoi tu n’as pas fait pipi avant de partir ?! » Reproche suivi d’un léger agacement général. Céleste et Marion commencent la visite avec beaucoup de curiosité, ils s’intéressent aux jeux de piste, ils posent des questions, ils trouvent cela « grand et mystérieux ».

Tout va bien jusqu’au moment au Céleste dit « Regarde, Marion, tu ressembles à cette momie ! Mais non, je rigole… ». Marion n’apprécie pas du tout la blague, elle grogne, rigole un peu puis elle dit : « Et toi, tu ressembles à celle-là ». Céleste court et dit « Et toi tu ressembles plus à celle-ci ». Cela devient amusant et les deux enfants se mettent à courir pour chercher d’autres points de comparaison… Papa s’énerve. Il s’approche des enfants (car il sait qu’au musée on ne crie pas) et dit : « Bon, ça suffit, restez concentrés. » Céleste dit : « Papa, j’ai soif ! ». Ce père pose des limites car il est clair que dans les musées, il est interdit de courir et de parler fort. Ce n’est pas la première fois que Marion et Céleste visitent un musée, quelqu’un leur a déjà dit que, dans le musée, on-ne-court-pas, on-ne-parle-pas-fort, on-ne-crie-pas, on-ne-joue-pas. Dur de se faire rappeler des interdits quand on commence à s’amuser et à chasser l’ennui. Il est important de donner toujours une deuxième (et une troisième) chance aux enfants pour assimiler et apprendre ce qui est vraiment utile dans une situation donnée. Cela favorise dès le plus jeune âge l’émergence d’une relation de confiance et de droit à « l’erreur ». C’est l’occasion de réfléchir, sous un angle bienveillant, à la nature des comportements des enfants. Au lieu de parler de droit à l’erreur, je dirais plutôt avoir le droit à l’expérimentation et l’apprentissage de la vie. Pour qu’un apprentissage s’opère, un cadre sécuritaire est plus efficace qu’une sanction.

La prochaine fois, Céleste et Marion bénéficieront des informations utiles pour faire une visite au musée. Sans aucun reproche, leur père pourrait dire : « Il y a une expo qui peut vous intéresser », présenter le thème et confirmer si cela intéresse vraiment les enfants, respecter la position de chacun et éviter de convaincre si l’un d’entre eux n’est pas motivé par l’événement. Parler et mettre par écrit le comportement convenable. « Que devons-nous faire pour que cette sortie soit agréable ? » Le père pourrait commencer par dire : « Aller aux toilettes avant de partir au musée, prendre une bouteille d’eau, faire la visite en une heure, quoi d’autre ? » « Voici ce qui est permis de faire au musée : parler doucement, dessiner ce que l’on voit, voir l’expo dans l’ordre que l’on souhaite, revenir sur une œuvre si elle nous a beaucoup plu, demander les audio-guides, visiter la librairie du musée (et peut-être acheter un livre ou une carte postale !) et puis, après le musée, aller courir au parc et prendre un goûter ».

Émile, 2 ans, lance les objets

La mère d’Émile a beau dire non, Émile rigole et il recommence, il lance tout ce qui lui tombe sur la main, c’est pour lui très amusant. La mère d’Émile serait-elle prête à se renseigner sur ce qui motive, non seulement son fils, mais n’importe quel autre enfant de l’âge d’Émile à lancer les objets ? Elle serait probablement surprise de savoir que son fils est en train d’apprendre les lois de la physique à son si jeune âge ! Alors, à ce moment-là, elle pourrait donner à Émile des moyens, des occasions et des outils adaptés pour qu’il puisse continuer à faire ses expériences. Des repères au lieu de limites : préparer un sac avec des objets variés qu’elle aurait choisis et aller dans un espace sécurisant et ouvert uniquement dans le but de lancer. Une balle en mousse, un œuf, un caillou, une plume, etc. Communiquer avec lui sur ce que cette expérience lui apporte, la différence entre lancer une plume et lancer un caillou, le poids, la fragilité, les conséquences. Ce dialogue crée de l’ouverture. La mère d’Émile serait surprise de voir ce que ces moments de découverte peuvent apporter à leur relation. Poser un cadre d’action au lieu de poser des interdits.
 

Au Japon, les enfants font le chemin de l’école tout seuls dès l’âge de 6 ans

Casquette jaune, uniforme et d’autres signes de distinction servent à identifier les enfants qui se déplacent en autonomie dans les rues du Japon. Les parents accompagnent les enfants uniquement le premier jour d’école et ces derniers apprennent les consignes de sécurité, cela fait partie de leur éducation. Ils acquièrent des repères de sécurité. Une personne, souvent une personne âgée, assure une permanence dans certains croisements et sert de guide surtout pour les plus petits. Les petits Japonais n’ont pas besoin d’entendre quinze fois par jour « Donne-moi la main maintenant ! » ou « Non, tu ne cours pas, tu me donnes la main ! », « Stooop ! ». Drôle de sensation de les voir même prendre le métro sans la compagnie d’un adulte. Ce n’est peut-être pas pour autant que vous allez laisser demain votre enfant sortir de la maison tout seul. Ce n’est pas une mise en cause de ses capacités. Il faudrait commencer par instaurer des repères pour lui et pour la société qui doit également être prête à porter un regard attentif sur les enfants.

Comment aider l’enfant à se fixer des repères ?
En faisant en sorte qu’il puisse s’imprégner d’une information claire et concrète. C’est difficile pour nous, adultes, de revenir à la base des « petites » informations qui font déjà partie intégrante de notre vie (ou pas !). Traverser la route quand le bonhomme est vert et uniquement quand c’est vert, mettre un casque pour faire du vélo, aller voir un vendeur si l’on se perd dans un magasin, connaître son adresse par cœur, etc.

Il faut identifier ce qui nous amène à interdire ou limiter un comportement. Est-ce une croyance liée à nos valeurs, une phobie personnelle, une peur transmise par nos propres parents, un vrai danger ? Cela nous tient-il vraiment à cœur ? Les réponses à ces questions nous aideront à voir la différence entre imposer avec autorité et agir en toute cohérence. La fermeté va de soi lorsque l’on transmet aux enfants le résultat d’un travail approfondi. Il saura, en son temps, faire le tri en toute confiance, sans peur des reproches de ses parents et en sachant prendre ses propres risques. En faisant une liste des situations pendant lesquelles vous posez le plus souvent des limites, interrogez-vous sur ce que vous faites, ce que vous dites. Comment pouvez-vous changer les formules directives par des informations concrètes et utiles pour l’enfant ? Invitez votre compagne/compagnon à faire de même.



Adele Faber et Elaine Mazlish proposent, entre autres, des habiletés telles que "Donner des renseignements" (au lieu de donner des ordres par exemple...)

"Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour qu les enfants parlent" Aux éditions du Phare

Petit guide de démarrage dans l'éducation bienveillante

Par : Genoveva Desplas
Article paru dans le Hors-Série N°10 "Éducation Bienveillante" du magazine GRANDIR AUTREMENT

Vous savez maintenant que les fessées, les punitions, les chantages, les humiliations et les récompenses ne sont pas compatibles avec une relation parent-enfant saine et constructive. De plus en plus d’ouvrages sur le sujet paraissent chaque année. Les neurosciences démontrent l’intérêt et l’urgence de changer le regard porté sur l’enfant. Il est temps « d’éduquer autrement ». Et là, vous vous dites « Je veux bien m’y mettre, mais par quoi commencer ? »

Si le titre de cet article vous a donné envie de continuer à lire, vous avez eu un premier déclic qui pourrait se traduire par « J’ai envie de changer ma façon "d’élever" mes enfants ». La volonté est bien là et c’est déjà un grand pas ! Maintenant, comment faire ?

Je vous invite à prendre un carnet de notes, un stylo et de faire preuve d'observation et d'écoute renforcée. Premier pas, soigner votre intention dans la recherche de cohérence. Quels sont votre souhait et votre objectif majeur en cherchant d’autres pistes dans votre mission d’éducateur ? C’est difficile de répondre à cette question.

Une prise de conscience progressive et à plusieurs niveaux peut faciliter la tâche.

Ce que je souhaite pour mon enfant 

Je vous propose d'écrire cette phrase et ensuite d'écrire ce qui vous vient à l’esprit. Choisissez pour cela un moment de calme.
Vous avez peut-être écrit quelque chose comme : qu’il soit obéissant, qu’il se comporte bien, mais vous n’êtes pas très à l’aise avec cela. Ou bien, de l’amour et du bonheur ! Que veut dire exactement pour vous chacun de ces mots ? Décortiquez ces jolis mots « amour », « bonheur », ce qui vous donnera des idées de réponse comme : qu’il se sente bien ? qu’il communique en toute confiance ? que son estime de soi devienne son meilleur bouclier dans la vie ? qu’il apprenne à exprimer ses sentiments, sans blesser les autres et sans se blesser lui-même face à n’importe quelle situation ? qu’il se sente libre de donner son avis et d’exprimer son désaccord en toute sécurité ? Vous avez sans doute d’autres idées.  

L’objectif est de se libérer de la surpuissance

Comment vous sentez-vous en imaginant que votre rôle de parent consiste à accompagner votre enfant, lui offrir des pistes pour affronter la vie au lieu de s’imposer la dure corvée de lui apprendre à être heureux ? Essayez ensuite de vous mettre à la place de votre enfant, d’être lui pendant un moment et répondez à la même question, en disant « Qu’est-ce que mes parents souhaitent pour moi ? ».
Si vous êtes parent de plus d’un enfant, faites l’exercice autant de fois que vous avez d’enfants.

Ce que je transmets à mon enfant : Vos peurs, vos projections, vos propres frustrations, les manières et les valeurs transmises par vos propres parents ? Vous êtes le seul à pouvoir travailler sur ce point.

Ce que je souhaite transmettre : Libre à vous d’identifier ces valeurs qui, pour vous, seraient des moteurs dans la vie d’adulte de votre enfant. Essayez de trouver des exemples.

Et si l’éducation n’était pas toujours une affaire de transmission ? À ce stade de l’exercice, vous l’avez bien compris, débuter un accompagnement respectueux de la personne qu’est l’enfant demande aussi un réaménagement de nos pensées et de nos idées autour de ce qu’évoque la belle notion d'éducation.

L’enjeu maintenant est celui de faire le point sur vos propres pratiques. Sont-elles en cohérence avec votre intention ?

Le travail linguistique

Pour passer à la mise en pratique, un changement de vocabulaire aide souvent à y voir plus clair. Ce sont des mots, certes, mais les mots ont le pouvoir de refléter des idées qui peuvent devenir des croyances qui poussent aux actes. Si vous "remplaciez" dans votre tête les mots « élever » et « obéir » par « accompagner » et « guider » ?

Est-ce que vous vous sentez prêt.e pour supprimer de votre vocabulaire les mots : punition, obéissance, caprice, bêtise, sage, gentil, afin de vous libérer de la tyrannie des attentes ?

Voici une astuce pour acquérir un nouveau vocabulaire. Toujours sur votre carnet, cinq minutes le soir suffisent pour noter les occasions où vous avez employé l’un de ces mots. Écrivez l’attente concrète et la situation qui vous a amené au conflit. Quelles sont vos priorités dans chacune de ces demandes ?

Chaque jour, identifiez un moment ou une situation pendant laquelle vous avez apprécié la compagnie de votre enfant. Une tâche quotidienne, une sortie, toute interaction est valable. Après l’avoir écrit, prenez le temps de le dire à votre enfant juste avant le bisou de bonne nuit.

Vous avez eu le déclic, vous avez fait vos listes. Vous faites votre petit rituel de connexion avec votre enfant chaque soir… MAIS… Ce matin il s’est mis à sauter sur le lit, il voulait rester en pyjama, il a marché sur le jeu de construction de son frère… Ce soir, vous n’avez pas envie de faire le petit rituel sympathique et le mot « punir » apparaît à nouveau dans votre vocabulaire.

Vous pensez « C’est bien gentil tout ça mais, au bout d’un moment… »

C’est à nouveau le bazar dans votre tête, et dans votre cœur. Cette étape est probablement la plus compliquée ! Prendre conscience du fait que l’enfant ne fait pas tout ce qui, probablement, vous dérange dans le but de vous embêter. Il emploie simplement ses propres moyens pour exprimer ses sentiments.

Êtes-vous prêt.e à commencer à mettre des mots sur ces sentiments et prendre du recul par rapport à vos attentes ?

Vous n’êtes pas seul.e ! Il y a des des ateliers près de chez vous. Vous avez, heureusement, de plus en plus de choix de rencontres et d’ateliers au sujet de la parentalité positive ou bienveillante.

Les livres sont aussi d’une grande aide. Parlez-en à votre enfant, en toute transparence : « Je fais des efforts pour éviter de taper et de crier, pour que l’on puisse se parler en toute confiance quand il y a un problème ou un désaccord. Je suis sûr.e que tu peux faire partie de l’équipe dans ce travail si délicat ».

*Les ateliers :
Les ateliers Gordon : http://www.ateliergordon.com
Les ateliers Faber et Mazlish : www.rezoanimationfabermazlish.com
Les ateliers de Discipline Positive : http://www.disciplinepositive.fr

Si vous avez besoin de lectures fondatrices pour revenir au cœur du sujet : la dignité humaine :
Le Droit de l'enfant au respect, Janusz Korczak, Éditions Fabert (2009).
L’Enfant, Maria Montessori, Éditions Desclée de Brouwer (2016).
Le Défi de l’enfant, Rudolf Dreikurs, Éditions Robert Laffont (1972).
Parents épanouis, enfants épanouis, Votre guide pour une famille heureuse, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux Éditions du Phare (2001).
La Fessée, Questions sur la violence éducative, Olivier Maurel, Éditions La Plage (2015).
Pour une enfance heureuse, Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, Catherine Gueguen, Éditions Pocket (2015).

Si vous avez besoin de passer directement à la pratique :
Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent, Adele Faber et Elaine Mazlish, Aux Éditions du Phare (2012).
Regarde, ton enfant est compétent, Renouveler la parentalité et l’éducation, Jesper Juul, Éditions Chronique Sociale (2012).
La Discipline positive, Jane Nelsen, Éditions Marabout (2014).
Être parents, ça s’apprend, François Daumesnil, Éditions Marabout (2012).
Parents efficaces au quotidien, Thomas Gordon, Éditions Marabout (2013).
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*Dans le cas de cet article, j'ai fait une sélection en prenant compte plusieurs aspects. D'abord le recul, les trois propositions d'ateliers ont été les premiers à exister, plus de trois décennies de pratique et de témoignages des participants des quatre coins du monde. Pour Gordon et Faber Mazlish nous en sommes déjà à plus de 40 ans et les ouvrages ont été traduits à plus de 45 langues !. J'ai simplement choisi les bases, cela me semble important de leur donner leur juste place dans cet éventail qui, heureusement, ne cesse de s'agrandir !... 

Le magazine Grandir Autrement en kiosque !

En septembre, cela fera 7 ans que
Grandir Autrement accompagne les parents en portant d'un message de parentage proche des rythmes et besoins du tout petit, ainsi que d'éducation respectueuse et sans violence des enfants.

Pour fêter cet anniversaire, nous avons un projet : voir Grandir Autrement dans les kiosques!

Si comme nous, vous désirez voir le magazine diffusé plus largement afin d'offrir un vrai choix aux parents, vous pouvez nous y aider en allant à cette adresse : http://fr.ulule.com/kiosque

Un article pour Grandir Autrement

 J'ai le plaisir de faire partie de l'équipe de rédaction du magazine Grandir Autrement. Vous trouverez mes articles sur la rubrique Éducation non violente en pratique.

Voici les compléments web sur le blog Grandir Autrement, de l'article "Dépêchez-vous on va être en retard !" du N°36.